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De taille moyenne à plus-size : frustration à cauchemar.

Je n’ai jamais été mince mais, avec le recul, je me rends compte de la chance que j’avais de faire un 42 toutes ces années. Pour le monde de la Mode, j’étais probablement déjà considérée grande taille, mais je réalise à présent que je rentrais suffisamment dans la norme pour m’habiller comme je le souhaitais dans la majorité des magasins. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Pendant longtemps, je me sentais pourtant sous-représentée et j’étais constamment en colère de ne pas faire une taille 36 ou 54, parce qu’en étant ni l’un ni l’autre, j’avais l’impression que je ne pourrais jamais être validée pour ce que j’étais. J’avais l’impression que mon corps ne méritait ni qu’on en parle, ni d’être montré. Il était trop gros pour les podiums mais pas assez gros pour qu’on milite pour lui. Les tailles moyennes sont comme invisibles, insignifiantes.

Maintenant que mon corps fait partie de ceux qui ne passent pas inaperçus, je dois admettre que je ne me sens pas davantage incluse. Je suis passée d’une taille 42 à une taille que je ne peux connaître exactement, parce que les vêtements ne sont pas conçus pour s’adapter à toutes les morphologies. Un jour je fais du 46, le lendemain je fais du 48, et la semaine suivante, je ne fais ni l’un ni l’autre. C’est comme si j’étais tellement difforme qu’il est inconcevable pour les marques que je puisse même exister. Or, ce numéro change selon le magasin, la marque, la paire de jeans, le tissu, etc. Je ne parle même pas des problèmes rencontrés quand les zones poitrine-hanches-fesses-cuisses ne sont pas proportionnées comme on imagine qu’elles devraient l’être.

Je n’attends pas des marques qu’elles créent des pièces sur mesure. J’ai bien conscience que c’est irréaliste d’un point de vue créatif et économique. C’est probablement même impossible. Néanmoins, quand on ne rentre pas dans un moule, la honte et les privations qui s’en suivent ne font que creuser une tombe plus profonde et vertigineuse.

Faire du lèche-vitrine et entrer dans une boutique sont devenus une épreuve. On me répète que s’aimer commence par trouver des habits dans lesquels on se sent bien, mais comment fait-on quand les options viennent à manquer ?

Lorsqu’il me fut impossible d’ignorer plus longtemps que la plupart de mes vêtements étaient devenus trop petits, j’ai dû accepter qu’il me fallait renouveler ma garde-robe. Outre le fait que c’est une étape pénible à franchir et qu’il est difficile de se débarrasser de ces tenues parce qu’on fonde constamment en nous-même l’espoir de maigrir pour rentrer à nouveau dedans, je me suis finalement lancée à la recherche de rayons grandes tailles et, si quelques magasins prétendent soutenir une certaine diversité dans leur catalogue, la réalité est tout autre.

Prenez H&M, par exemple. C’est la chaîne que l’on m’a recommandée d’explorer en premier lieu pour son côté abordable et la variété des tailles proposées. Un matin, prenant mon courage à deux mains, je me suis rendue dans les deux plus grands H&M d’Oxford Circus, et mon expérience m’a laissée un goût bien amer. Lorsque je demande au vendeur du premier où je peux trouver le rayon grande taille, celui-ci me répond avec désinvolture qu’ils « ne font pas ça ici, et qu’il faut que j’achète en ligne. » Bien que le commentaire pique un peu, j’essaie de ne pas baisser les bras et me rends dans leur seconde branche. Cette fois-ci, la vendeuse me lance un « allez-voir au sous-sol » et j’ai bon espoir de trouver mon bonheur. Malheureusement, le rayon s’avère être un petit coin mal éclairé et misérablement approvisionné.

Dans ces deux cas, je me suis rendue compte que pour les gens comme moi, les marques semblent s’attendre à ce que l’on s’habille loin des regards, comme si nous n’étions pas assez bien pour eux, comme s’ils avaient honte de nous vendre des vêtements. Et encore, H&M fait l’effort d’aller au-delà de la taille 44. C’est loin d’être le cas pour bien des enseignes. Il existe potentiellement d’autres H&M où les rayons sont mieux fournis – dans des coins moins fréquentés et moins branchés peut-être. Mais pourquoi devrais-je faire des kilomètres et des dizaines de magasins pour en trouver un qui daigne avoir un rayon grande taille potable ? Et qu’on ne me dise pas que c’est une question d’espace – certes, les H&M d’Oxford Circus payent un loyer plus important mais, à mes yeux, c’est un argument bien fragile parce que, jusqu’à preuve du contraire, les gros ont eux aussi besoin (ou envie) de s’habiller.

Quelle est donc la morale de cette histoire ? Pour trouver des vêtements à ma taille, je dois passer commande de mon lit et me rendre sur des sites spécialisés ?

Sur le principe, pourquoi pas. N’est-ce pourtant pas jouer sur le stéréotype et l’accusation que les gros sont fainéants et qu’ils passent leur vie le cul posé sur leur chaise devant l’ordi ou sur le canapé à regarder la télé ? De plus, encore une fois, les vêtements ne s’adaptent pas à toutes les morphologies. Ni les photos ni les guides de taille ne sont une indication de ce que la pièce ressemblera portée sur le consommateur. Acheter en ligne signifie souvent de payer des frais de port ou de dépenser beaucoup pour ne pas avoir à les payer (or, je ne suis pas Crésus) et signifie de ne pas pouvoir essayer et d’avoir à constamment retourner les articles. Les politiques de retour on certes évolué, certaines particulièrement efficaces et accessibles (ASOS, notamment), mais accepter de faire uniquement mes achats sur internet, c’est finalement accepter que je ne suis pas la bienvenue en magasin, que je n’y ai pas ma place. Or, je n’ai pas envie de l’accepter.

Cela fait des mois que je suis à la recherche d’une paire de jeans dans laquelle je me sentirais confortable, sans avoir à dépenser des centaines d’euros ou de pounds. Parce que, si comme moi vous êtes plus large des cuisses, des fesses et des hanches que de la taille, vous savez à quel point c’est un enfer de trouver une paire qui n’est pas trop serrée en bas ou trop large en haut. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai toujours préféré les robes/jupe patineuses et la mode des années 50, mais j’aimerais malgré tout avoir les mêmes possibilités et les mêmes choix que les femmes aux tailles 36-38-40. Et je suis persuadée que celles qui ont un buste plus fort et des jambes/fesses plus fines aimeraient avoir davantage de choix aussi – en tout cas, je sais que c’était le problème de ma mère et qu’elle aussi redoutait les magasins.

Le pire, dans tout ça, c’est que j’ignore comment faire comprendre cette situation à celleux qui ne la subissent pas. Lorsque j’aborde le sujet, les réactions sont diverses mais jamais très encourageantes :
1)  tu ne sais pas chercher, faut juste trouver le vêtement qui correspond à ta morphologie, savoir se mettre en valeur et cacher les défauts
2) c’est bien un discours de gros : si tu veux que ça change, tu n’as qu’à maigrir, faire du sport, arrêter de manger
3) si on mettait en avant les vêtements grande taille et qu’il y avait autant de choix que pour les minces, les marques feraient la promotion de l’obésité
Et ce n’est qu’une infime sélection des reproches et pseudo-solutions que j’ai pu entendre jusque-là.

Le commentaire qui m’a fait le plus rire, un jour, est le suivant : « en même temps, tu n’as qu’à pas soutenir des marques qui ont si peu d’éthique en tentant d’acheter leurs vêtements. »
Ce n’est pas faux – croyez-bien que si je le pouvais, je préfèrerais donner mon argent à des marques qui respectent l’environnement et les droits de l’homme. Mais prenons 2 exemples  – et je ne dis pas que ce sont les seuls, mais je crois qu’ils sont finalement assez représentatifs. La blogueuse vers laquelle je me tourne pour des idées, des bons plans et des découvertes vertes et éthiques est Victoria. Un site qu’elle recommande énormément est Made & More. Mais un coup d’œil à leur section robes, et toutes les coupes sont droites. Il n’y en a pas une seule que je pourrais porter sans ressembler à un sac à patates parce que je suis une poire (merci Cristina Córdula). Ils n’ont probablement pas les ressources nécessaires pour créer des modèles différents et je ne les condamne pas, mais beaucoup de marques éthiques proposent des gammes très réduites, ce qui m’empêche de les consommer. Plus récemment, lorsque la collection éthique de Victoria en partenariat avec Close sur Monshowroom est sortie, je me suis précipitée dessus pour m’offrir au moins une pièce. Je tenais à soutenir le projet et surtout la blogueuse que j’admire. Or, pour tous les articles mode, la plus grande taille était L (c’est-à-dire 42). Et ce n’est malheureusement pas une exception à la règle.

Alors, on pourra me répéter que c’est ma faute d’être grosse, mais ne pas oser être qui je suis, avoir l’impression constante de prendre trop de place, ne pas pouvoir porter ce qui me chante et être punie parce que j’ai des kilos en trop est un concept qui m’effraie, me peine et me révolte.

Je suis sans doute naïve et idéaliste, mais je rêve d’un monde où encourager les gens à s’aimer n’est pas suivi de dizaines de signes, de comportements et de publicités qui incitent le contraire. Je ne suis pas mon corps, je ne devrais pas être définie par mon poids ; toutefois, partout où je vais, partout où je regarde, c’est ce que l’on me pousse à changer. All. The. Damn. Time.

Puis je pense à toutes les personnes atteintes de maladies génétiques et de handicaps, qui ne pourront jamais provoquer le changement et prendre le contrôle de leur corps d’aucune manière que ce soit. J’admire leur force et leur capacité à souvent accepter le manque d’inclusion et de représentation. Je n’oublie pas non plus les hommes qui ne correspondent pas aux standards de beauté masculine et qui ne cochent pas les cases qu’on exige d’eux. Dans cet article, je reconnais ne pas vous avoir mentionné, mais je ne peux parler que de ce que je connais. Je vous invite à en faire de même, parce que vous êtes sûrement nombreux à vous cacher derrière une carapace et une force dont vous n’êtes pas obligés de faire preuve.

Les choses commencent peut-être à changer, mais qu’on ne se voile pas la face. Le changement vient avant tout de femmes comme vous et moi qui, un matin, en ont eu assez de questionner leur valeur uniquement parce que les marques, les publicités et la société en général leur faisaient avaler des idées empoisonnées. Elles en ont fait une affaire personnelle, se sont livrées corps et âme sur internet et ont pris la responsabilité de représenter publiquement une communauté diverse et abandonnée par la mode ou les médias réguliers.

Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour parce qu’à l’époque, j’aurais tout fait pour être une taille 38, mais je rêve de revenir à une taille 42 – non pas parce que mon corps tel qu’il est aujourd’hui est inacceptable, mais parce qu’il m’est devenu si difficile de trouver des jolis vêtements à ma taille. Je suis fatiguée d’avoir à me battre et à chercher pendant des semaines le moindre habit qui voudra bien passer par mes hanches. Et peut-être que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, mais je suis ce que je suis et je voudrais compter aussi.

Disclaimer: j’ai trouvé l’illustration sur Pinterest mais elle n’était pas créditée (la majorité des images que j’ai trouvé ne l’étaient pas), alors si vous connaissez l’illustratrice, n’hésitez pas à commenter et je l’ajouterai à l’article.

19 thoughts on “De taille moyenne à plus-size : frustration à cauchemar.

  1. Whouah! Ton article est réellement inspirant. Tu nous pousses à nous confier et à ne pas avoir honte de qui nous sommes ou ne pas simplement nous réduire à tous nos défauts, que l’on juge de taille ou d’insignifiant. Je fais actuellement un 42, mais il est parfois difficile de trouver chaussure à son pied: hanches et fesses trop large et une taille menue. Résultat jean trop serré en bas et trop large en haut. Je suis ronde ou grosse, à vous de choisir, depuis toujours, mais j’ai un problème de santé qui fait que je ne peux pas dépasser un certain poids de peur de voir mon problème s’aggraver. Et pourtant, je ne suis pas la personne la plus à plaindre dans ce cas de figure. Alors, je comprends, certes à ma manière, ce que tu peux traverser et éprouvant en voulant faire du lèche-vitrine comme tout le monde. Mais il ne faut pas oublier que nous aussi on compte. You are enough!

  2. Bonjour :)

    Je suis tombée sur ton article, et je dois avouer qu’il m’a un peu brisé le cœur… parce que j’ai senti dans cet écrit un certain désespoir face à la société actuelle que je peux tout à fait comprendre.
    Je fais une taille entre 38/40 selon les vêtements, souvent 40, et je suis grande alors pour ma taille c’est considéré comme standard, je suis loin d’être en surpoids. Alors peut-être que mon commentaire aura moins d’impact car tu pourrais considérer que je ne comprends pas ou moins bien ta situation et je m’en excuse, je ne prétendrai pas la comprendre. Mais je comprends le fait que la société puisse faire pression à ce sujet via les médias mais aussi les produits présentés dans les magasins, et je trouve ça outrageant. Même si concrètement je ne le vis pas car je me fous des autres, je me fous de plaire, et que je préfère me plaire plutôt que de plaire aux autres, je comprends que via le fait de ne pas toujours trouver des vêtements qui te correspondent on t’empêche de te plaire à toi-même et d’ainsi te créer ta propre identité. Je comprends que tu te sentes mal, que tu te perdes, car d’une certaine façon imposer des vêtements à quelqu’un c’est aussi lui imposer une identité qu’il ne possède pas forcément.
    Malheureusement, je n’ai pas le pouvoir de faire changer les choses. Mais j’espère de tout cœur qu’un jour, tu trouveras plus facilement les choses qui te correspondent sans être obligée de te ranger de force dans une catégorie standard. Car selon moi, le principal, c’est de se sentir bien dans sa peau tant que cela n’impact en rien notre santé : qu’on soit en surpoids ou en sous-poids, tant pis. L’important, c’est simplement d’être soi-même et d’être bien dans sa peau en mangeant ce que l’on aime, ce que l’on veut et quand on le veut. Encore une fois, tant que cela ne créé pas de grave problèmes de santés.
    Après tout, on n’a qu’une vie, alors autant la croquer à pleines dents.
    Je te souhaite une bonne continuation et sache que ce n’est en rien la société, quoiqu’il en soit, même si tu ne peux pas faire du lèche-vitrine « comme les autres » qui doit forger ce que tu es, qui tu es. On propose bien des tailles 32/34 au rayon adulte pour les personnes plus petites ou menues, j’ose espérer qu’un jour les grandes tailles seront également mises à l’honneur pour les personnes concernées. Ce n’est pas moins de l’incitation à l’obésité que de la discrimination, selon moi. Ignorer les problèmes que peuvent rencontrer les autres ne les effacent pas, bien au contraire.

    Je te souhaite une excellente journée, et plein de courage ! ;)

  3. je comprends bien ce problème, combien de fois je me suis retrouvée à pleurer dans une cabine d’essayage parce qu’aucun vêtement ne m’allait ? je suis mal fichu morphologiquement et pour empirer le tout, ronde.
    j’ai decidé d’arrêter les séances de torture et de m’habiller au rayon homme en ce qui concerne les jeans. maintenant que je connais la longueur/largeur, je n’ai même plus besoin d’essayer les jeans, je sais qu’ils vont m’aller. alors certes, ce ne sont pas des pantalons très féminins mais au moins ils me vont sans ourlet!!! (parce que oui, les hommes ont le droit d’avoir le choix dans les longueurs en plus- et j’ai même le luxe d’avoir des poches pour mettre mes clés/mon téléphone.
    Ca ne règle pas le problème pour les robes et autres, mais au moins je ne désespère plus dans les cabines d’essayage pour des jeans.

    bon courage à vous :)

  4. J’avais vu un extrait de ton article en stories sur Instagram et je me suis clairement retrouvée dans tes mots. Lorsque j’ai vu que tu avais publié l’article, c’est tout naturellement que je suis venue le lire. Je trouve que tu as trouvé les mots justes pour décrire cette situation que tu vis mais nous sommes beaucoup à vivre au quotidien.
    Comme une jeune femme l’a dit en commentaire un peu plus haut, je me suis aussi retrouvée, pratiquement en larmes, dans une cabine d’un magasin à ne pas trouver ce quoi me mettre, quoi porter… Au quotidien, j’essaie de ne pas montrer que cela me pèse mais parfois c’est difficile de toujours cacher, de ne rien montrer. Merci pour ce bel article, merci pour tes mots Justine.

  5. Chère Justine,
    Merci pour ce bel article ! Ma morphologie et taille me donnent aussi beaucoup de difficulté pour trouver des pièces jolies et dans lesquelles je me sens bien. Pourtant je ne fais qu’un grand 42 et petit 44 … Mais voila, je suis grande et j’ai les attaches solides et épaisses XD alors, me trouver une robe qui ne m’arrive pas sous les fesses, et qui flatte ma silhouette ou un jean qui m’aille aussi bien en haut qu’en bas de la jambe relève du parcours du combattant !
    J’en viens à envier les femmes du XIXème qui faisait faire leurs robes à leurs mesures chez la couturière ! Et je rejoins ta déception concernant la collection de Victoria, une de ses robes me faisait de l’œil, mais après prise des mesures … je du abandonner l’idée de me la procurer :(
    Cependant, je n’ai aucune envie de me forcer et de m’imposer un changement drastique dans ma vie, alors adopter un régime particulier alors que j’ai de la chance de ne pas avoir de problème de santé lié à mon alimentation et être moins sédentaire, alors que je marche, bouge suffisamment … nope. Trop peur de tomber dans une spirale infernale, on est suffisamment réduit à des chiffres et a des performances pour m’imposer ça dans ma vie privé ! Mais dans ce cas je dois payer le prix de ne pas pouvoir m’habiller comme je le veux, de ne pas pouvoir prêter ou me faire prêter des vêtements aux copines , de ne jamais oser acheter un jean en ligne… ET C’EST NUL !
    Bisous Justine, ça fait du bien de te relire !

  6. Justine,

    Ton message m’a énormément touché ! Il fait écho à ce que beaucoup de femmes (moi y compris) traversent.

    J’ai mis du temps à me détacher de ces regards/jugements et ce n’est pas la joie tous les jours. Ma famille est mince ((36/38) pour toutes les femmes) et je fais un 40/42. Toute ma vie j’ai entendu des « tu ne devrais pas manger ça », « tu es certaine de vouloir boire un chocolat, un thé serait mieux dans ta condition ». Ces mots m’ont blessée; ils sont ancrés en moi. Je n’en veux pas à mes proches, ils m’aiment et je pense que ça partait d’une bonne intention. Cela dit, c’est dur de se construire en tant que femme épanouie et bien dans son corps lorsque l’on pense que l’on n’est pas assez bien pour être acceptée de sa propre famille.

    Aujourd’hui j’ai 25 ans, un métier que j’aime, pas d’homme dans ma vie (parce que je pense ne pas le mériter : je travaille dessus) mais je suis fière de dire que je n’en ai plus rien à faire du regard des autres !
    J’aime mon corps (bon, j’avoue, pas tous les jours mais j’y travaille). Je suis une poire bien juteuse. Et damn, j’adore ! Je ne changerai mon corps pour rien au monde. Il porte des cicatrices et j’en suis fière; il raconte une histoire; mon histoire.

    Tout le monde devrait être accepté et célébré pour sa différence ! Qu’elle soit morphologique, ethnique ou autre.

    Le monde bouge, à nous de faire entendre notre voix.

    Des bisous
    Juliette

  7. Coucou ma belle,
    J’ai adoré ton article même si je ne suis pas directement concernée car je fais une taille 40, j’ai quand même quelques soucis quand même faut pas croire x) en effet j’ai la taille très marquée en soit je pourrais mettre un 38 à ce niveau là sauf que j’ai un bon derrière et des cuisses développées ce qui fait que je dois choisir entre un pantalon qui baille à la taille ou un pantalon trop serré au niveau des cuisses. Même problème pour les bras comme je suis une ancienne nageuse j’ai gardé mes bras épais donc si je prend une robe à manches longues et bien les bras seront trop serrés. Alors oui c’est sans doute à moindre mesure car j’arrive quand même à porter des choses à mon goût quitte à jouer sur les ceintures et autres astuces de couture mais je comprends ton desarroi et si je ne pouvais pas porter des vêtements à mon goût je serais très malheureuse. Petit conseil après oui désolée c’Est en ligne et pas un magasin mais le site Emp fait de très belles pièces un peu pin up par exemple pour énormément de taille, des fois que tu ne connaisses pas et que tu y trouves ton bonheur bisous ma belle et je suis contente que tu ai retrouvé ta voix

  8. J’en ai presque les larmes aux yeux tellement je me reconnais il y a quelques années. Combien de fois j’ai pleurer dans les cabines des magasins car le 44 était trop petit et que je me refusais d’aller au rayon grandes tailles. Cela a un impact énorme sur la confiance en soi. Maintenant avec beaucoup de travail et une grosse remise en question j’ai perdu du poids beaucoup de poids et je rentre dans une taille standard. J’ai beaucoup plus confiance en soi et le regard des autres a changé. La société n’accepte pas les ‘gros’ c’est une réalité et mon Dieu qu’elle est difficile à accepter quand on ne rentre pas dans la norme. C’est un sujet qui me touche tellement pour lequel j’aimerai milité car énormément de personnes sont en souffrance. Merci pour ton article si bien écrit tu as trouvé les mots justes. Je partage sans hésiter. Soyons fortes et unies pour faire changer les mentalités. Bisous Amélie

  9. Je comprends bien ton problème et j’ai une solution « maison » : la couture!
    Si tu penses que cette activité pourrait te plaire, lance-toi!
    Beaucoup beaucoup de patron sont déclinées en grandes tailles car c’est justement ce que les clientes cherchent, elles en ont ras le bol de faire les boutiques alors elles finissent par coudre elles-même leurs fringues.
    Il y a un petit investissement au départ, quelques ratés ( oui, c’est pas facile au début) mais ensuite, tu ne vas quasiment plus jamais en boutique.

  10. J’ai écris le même article sur mon blog il y a quelques mois après avoir essayé de m’acheter une robe pour cet été. Pourtant je fais du 42 mais je n’arrive pas à m’habiller dans les grandes enseignes. Pour trouver une robe convenable dans ce genre de boutiques il ne faut pas avoir de formes…
    Malheureusement, nous n’avons pas fini de pleurer dans les cabines d’essayage je crois…
    mais tu es très courageuse d’avoir écris ce très bel article et je suis de tout cœur avec toi. Je suis preneuse de tes bons plans d’ailleurs si tu en trouve

  11. Je comprends tellemenr ce que tu ressens ! Entre 44/46, mal dans mon corps & rarement des habits dans lesquels je me sens bien, à l’aise, jolie.. souvent j’ai la sensation de ressembler à une grosse patate.. que ce soit en robe, Jean ou short ! J’ai même envie d’acheter du hyper grand pour me cacher.. mais à la fois j’ai envie d’un peu de féminité.. Les magasins sont un calvaire quand tu vois de jolies choses mais jamais ta taille..

  12. Merci pour cet article dans lequel je me retrouve tellement. j’en ai un similaire en tête également, que je sortirai sans doute un jour sur mon autre blog. Merci d’avoir eu le courage de partager ce que tu ressens, j’ose espérer que même s’il ne fait pas avancer les choses, il ouvrira quand même les yeux de certains internautes.
    A bientôt,

  13. Salut! Je me retrouve aussi dans ton article qui est très bien écrit en plus !. Je fais aussi du 46 mais j’ai plutôt une morphologie en H. Je suis ronde depuis que j’ai l’âge de 10 ans suite à un traitement. A cette époque, tout le monde avait remarqué que j’avais grossi sauf moi lol! Les moqueries à l’école n’ont pas tardé ensuite mais je m’en foutais un peu car à la maison j’étais traitée comme d’habitude. Dans ma famille il y a des gens gros et minces, on se taquine là dessus de temps en temps mais ca ne vire pas au drame. je me vois grosse qu’en photo alors que devant le miroir je ne suis pas plus choquée que ca. j’ai des rondeurs mais je me trouve assez bien proportionnée. Pour ce qui aient des vêtements comme toi, c’est délicat pour moi d’aller en magasin, je les évite le plus souvent parce que je trouve chiant de marcher pendant des heures et de ne pas trouver des vêtements qui me vont bien c’est à dire fluide sans être trop large. Je préfère commander sur internet mais j’avoue que comme ma morphologie est en H, c’est peut être plus simple pour moi de commander des vêtements à ma taille avec des coupes basiques, types coupes droites, qui vont le plus souvent avec mon corps; quoique je dois faire attention aux hauts car j’ai une poitrine généreuse. Pour compenser mon look généralement simple, je porte des vêtements colorés, parce que c’est quand même plus fun! Je te souhaite de trouver les magasins de vêtements tes rêves, puisque tu y tiens, mais ne néglige pas pour autant le shopping sur internet qui donnent plus de choix et moins de frustrations: :)

  14. ah quand je lis ça, qu’est-ce que je me retrouve dedans ! Bienvenue dans le monde des femmes qui sont trop ceci et pas assez cela… Et à quel point c’est galère pour trouver des vêtements qui vont ! Quand on a pas l’habitude (ce que je n’ai jamais expérimenté, mon corps étant ce qu’il est), on ne s’en rend pas compte. C’est quand on ne correspond pas/plus aux canons de la mode que ca nous frappe en pleine figure. Personnellement, je suis grosse et je suis aussi disproportionnée à certains endroits (peu de poitrine, des cuisses/hanches/fesses/bide, etc) et conclusion, c’est encore plus galère. J’en ai pas mal souffert à une époque, d’autant plus que s’ajoutaient à ca pas mal d’autres soucis, jusqu’au jour où j’ai compris que la beauté/perfection telle qu’on nous la présente n’existe tout simplement pas. Que même les mannequins les plus beaux/belles doivent passer par la case « Photoshop ». Que les « beach body ready » sont plus l’oeuvre des ordinateurs qu’un quelconque régime & style de vie.
    Un truc tout bête mais qui m’a beaucoup aidé à relativiser. Et j’avour qu’avoir écrit LLEAN m’a permis de bien me défouler à ce sujet.
    Pour le côté pratique, deux trucs :

    * Je ne sais pas si la chaîne existe en UK, mais chez moi, j’aime particulièrement l’enseigne Lola Liza, qui taille large, fait de beaux modèles et qui est encore relativement abordable. https://www.lolaliza.com/

    * et alors pour les jeans, ce qui est devenu encore + complexe avec leurs putains de coupe slim à la con (je rentre même pas une jambe là-dedans), j’ai découvert la marque Bicalla, un peu chère, mais qui est vachement confortable : http://www.e5mode.be/fr/barry-2923740.html

    En tout cas, ma belle, sache que tu es loin d’être un cas isolé ! Plein de soutien et de bonnes ondes.

  15. C’est tellement ça, tu as mis les mots justes sur cette situation difficile. En tant qu’homme, grand, gros et aux grands pieds, trouver des vêtements et chaussures à ma taille se révèle difficile également. Question chaussures, dans l’un des seuls magasins proposant des tailles au-dessus de la taille 45, j’ai droit à deux modèles différents (quand j’ai de la chance, il y en a trois…) qui coûtent bien cher (parce que oui, pourquoi réduire les prix des grandes tailles enfin ?)
    Question vêtements, il n’y a guère que les magasins C&A qui me proposent un maigre rayon, rayon qui est comme tu l’as dit relégué dans un coin, caché, et de moins en moins fourni (il a même disparu dans l’une des enseignes que je fréquente), avec un choix des plus restreints, la plupart du temps ce sont des affaires moches qui te donnent l’impression d’être un sac à patates. Sans parler des trois, voire quatre sortes de pantalons à 40-50€ pièce, qui ne bénéficient jamais de réductions (donc quand tu dois en prendre deux + quelques polos, la note grimpe), je suis donc obligé d’y aller de temps en temps et de me constituer une réserve car je crains toujours que ces magasins ne se débarrassent du rayon XL pour faire de la place aux autres tailles. Oh bien sûr, il y a la commande en ligne, mais comme tu l’as si justement dit, ce n’est absolument pas pratique.

    Plein de soutien, Juju !

  16. Pour ma part, il est vrai que j’ai la chance d’avoir une taille 40. Après j’ai beaucoup remarqué que dans les magasins, il y a peu de grandes tailles ou alors elles sont cachées et peu de choix. Je trouve ça dommage car une femme avec des rondeurs à le droit comme tout le monde d’être belle et se sentir bien dans son corps, de se sentir femme et non mal à l’aise.

    Je fais une taille 40 mais j’ai eu beaucoup de mal avant de trouver mon copain à me sentir féminine, pendant des années je ne mettais même plus de sandales et très peu de robe. Maintenant, ça va mieux mais c’est encore dur.

    En tout cas, ton article est fort et touche beaucoup de monde! Merci d’en avoir parler

  17. Texte touchant qui démontre bien le calvaire dont les personnes rondes peuvent faire l’expérience. Il est vrai et cela depuis longtemps que l’on a tendance à dénigrer ceux qui sont en surpoids.
    Pour être soit-disant normal aux yeux de la société, il faut presque avoir une taille de guêpe et ça c’est frustrant.
    Je me suis regardé dans le miroir récemment et ai réalisé que j’avais pris du poids aussi, notamment au niveau du ventre. Je suis également passé d’une taille 36 à une taille 42 et j’ai cette crainte de ne plus savoir maigrir à nouveau et de prendre de plus en plus de kilos.
    Quoi qu’il en soit, observe ceux qui te jugent pour ton cœur et non ceux qui te jugent pour ta taille et ton poids. Reste fidèle à toi-même car tu es une personne formidable et ça tout ceux qui te soutiennent en conviendront.

  18. Hello Justine,

    Je ne vais pas te mentir ton article, je m’y suis reconnue à fond et même que j’en ai pleuré.
    Je suis incapable d’aller en magasin et de trouver des fringues qui me vont parce que les essayages déjà c’est le parcours du combattant, tellement éprouvant et essoufflant…
    J’ai pris 30 kg en 5 ans, pour raisons alimentaires, santé et personnelles. Ma famille me blâme pour que je maigrisse, je suis actuellement à la taille 46/48 au niveau du bas et 44/46 en haut. C’est dur parce que je suis partie d’une taille 36/38. De toute manière, la société d’aujourd’hui nous attribut des chiffres et si nous avons le malheur de ne pas être dans le standard, on ne vaut rien.
    Je t’admire Justine, vraiment. Tu es forte mentalement, même si je peux comprendre que tu craques, c’est humain après tout. :)
    Merci Justine d’être là et de crier ce qu’on pense tout bas.
    Des bisous !

  19. Salut Justine
    Je trouve ton article extrêmement juste. Je suis un homme et j’ai été dans une situation similaire étant plus jeune. Ayant perdu un peu de poids je me fond plus dans la masse mais je me sens toujours à part de la société. C’est pas toujours facile au quotidien car la société à tellement un impact sur notre vie que c’est difficile de ne pas se sentir jugé ou observé. De plus on nous montre toujours que les hommes doivent être grand, viril, musclé… Je sais que c’est pareil pour les femmes, voire même carrément pire.
    Je veux juste en venir au fait que lire ce genre d’article fait du bien. Continue à évacuer ce que tu ressens c’est ce que je fais aussi et ça me fait énormément de bien. Sache que tu n’es pas seule.
    Alex

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