Lifestyle, Mental Health

Entretien avec la Dépression

Should’ve stayed, were there signs, I ignored?
Can I help you, not to hurt, anymore?
One more light, Linkin Park
Tribute to Chester Bennington

Cela fait un moment que je souhaite écrire un article sur la dépression, et partager un peu de mon expérience avec ce nuisible dont on commence à parler davantage mais qui reste, selon moi, assez nébuleux pour toutes celles et tous ceux qui n’en souffrent pas. Je n’ai pas envie de rentrer dans une présentation scientifique et des diagnostiques médicaux parce que 1) je ne suis pas la mieux placée pour en discuter et 2) j’avais envie d’en parler avec mes mots et non avec des pourcentages ou des explications incompréhensibles qui ont malheureusement tendance à faire fuir les gens, à les faire regarder de l’autre côté.

Alors que je pensais faire un article assez commun pour vous dépeindre les sentiments qui m’ont envahie à chacune de mes dépressions (je ne peux vous donner un nombre exact mais pour vous donner un ordre d’idée, j’en ai fait 4 ces 3 dernières années), une inspiration assez étonnante m’est soudainement venue au moment où je m’apprêtais à rejoindre les bras de Morphée. Il s’agit donc d’un entretien imaginaire entre moi-même et la Dépression, qui est personnifiée dans cette petite fiction.

Finalement, je ne rentre pas dans des détails très personnels, comme j’en avais l’intention au début, mais pour les symptômes que j’évoque dans la deuxième question, ce sont des symptômes dont des amis et moi-même avons fait l’expérience. J’ai la conviction que ce format  un peu plus dynamique, avec une légère touche d’humour, permet à la fois de comprendre un peu mieux ou de reconnaître la Dépression et, peut-être, de s’y identifier, sans que ce soit trop lourd ou accablant. Si cela vous intéresse, je peux également prévoir un article plus intime, mais je me suis dit que cet article pouvait être une bonne entrée en la matière.

Je tiens tout de même à souligner que cet article part avant tout d’une expérience personnelle et que ces réponses ne conviennent peut-être pas à d’autres personnes ayant souffert ou souffrant de dépression. Alors, même si c’est un sujet que beaucoup ne parviennent pas aborder, si vous vous sentez de rajouter des choses que vous jugez essentielles, n’hésitez pas à commenter pour aider et apporter votre soutien à d’autres.

 


 

J : Comment en êtes-vous arrivée là ?

D : C’est drôle, les gens s’imaginent que j’ai toujours un parcours bien tracé. Il m’arrive souvent d’être présente à la suite d’épreuves dramatiques, c’est vrai. Il faut bien que j’assure des missions isolées et régulières ; je ne sais pas rester sans rien faire. Mais j’apparais aussi sans avoir eu de motif préalable pour me manifester. Je ne fais qu’exister, tout simplement.   

J : Comment vous manifestez-vous ?

D : Je n’ai pas de réponse type à vous donner. Mes patients sont sujets à différents symptômes et, surtout, ils ne les subissent pas de la même manière. Sans rentrer dans des détails scientifiques qui expliquent le problème en théorie sans réellement parvenir à l’éradiquer sur le fond, le cerveau est un organe complexe sur lequel nous devons encore lever le voile de sombres mystères. Pour en revenir à votre question, néanmoins, je dirais que de nombreux signes avant-coureurs peuvent vous mettre la puce à l’oreille. Soyez donc attentifs à votre entourage sur les comportements suivants :
— changement d’humeur et de libido (attention, ce n’est pas toujours un signe de mon intervention — cela peut aussi être hormonal, circonstanciel ou simplement une question de fatigue et autres raisons tout à fait ordinaires)
— troubles du sommeil et grosse fatigue continue (insomniaque la nuit, léthargique la journée… voire constamment léthargique, même après 9h de sommeil)
— troubles alimentaires et perte d’appétit ou, au contraire, compensation par la nourriture (d’autant plus important pour les personnes souffrant déjà d’anorexie, de boulimie, et autres)
— perte de motivation exacerbée : difficulté et réticence à sortir du lit, “déshumanisation” ou indifférence à l’idée de respecter les conventions sociales type “prendre sa douche”, aucun goût à rien (activités, passions, sorties, …), auto-dénigrement, incapacité à se projeter et à tirer le moindre aspect positif d’une situation pourtant pas si négative
— détachement des sentiments, renfermement de la personne vis à vis des autres, un besoin illusoire mais insidieux d’être seul
— mensonges à répétition (cela demande une certaine aptitude d’observateur, j’en conviens) : “je vais bien”, “je ne viens pas pour x raisons”, “ne t’inquiètes pas”, “je m’en occuperai plus tard”, etc.
— auto-mutilation, auto-médication alors même que la personne n’est pas malade et autres dépendances à diverses substances
— angoisses irrationnelles et pensées suicidaires ( –> on avait dit pas de chiffre, mais c’était trop important pour ne pas le mentionner : 70 % des personnes qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression – les pensées suicidaires ne sont donc pas toujours un signe de dépression mais elles vont souvent de paire)

Bien sûr, ce n’est qu’une poignée de symptômes à travers lesquels je peux me manifester. Je suis également passée maître en l’art de la dissimulation et, comme je suis un sujet tabou et apparemment honteux, peu de gens osent prononcer mon nom. Je suis un peu comme Voldemort, si on veut. Mais, si vous voulez mon avis, j’ai bien meilleure mine {rires}. Dans le meilleur des cas, on m’ignore, dans le pire des cas, on ne me prend pas au sérieux… ou alors, dans la plupart des cas, on fait l’amalgame avec la petite déprime de l’hiver. Je n’ai rien contre elle, bien sûr, mais nous assimiler ne fait que minimiser mon impact. Je dois avouer que cela a un peu tendance à m’agacer… On ne peut pas comparer un cas clinique à un coup de cafard.

J : Qu’est-ce qui est le plus challenging ?

D : Je dirais que le plus difficile mais aussi le plus drôle, si je peux me permettre l’ironie, c’est l’image que l’on me donne et la réputation que je dois tenir. Vous allez me dire, ce défi me permet aussi de frapper plus fort et de duper le plus grand monde, ce qui n’est pas sans me déplaire. On imagine souvent mes patients comme froids et distants d’une part ou, pleurnichards et plaintifs de l’autre. Pourtant, voyez-vous, nombreux sont ceux qui prétendent être en pleine forme. Certains sont dans le déni, certes, mais certains sourient tellement qu’on les croit les plus heureux du monde. Et, à vrai dire, il se pourrait bien qu’ils aient tout pour être heureux, mais je ne suis pas une source de malheur que l’on peut quantifier. Comme je le disais plus haut, je peux en effet survenir après un traumatisme ou un deuil ou un événement douloureux mais je peux aussi être là sans aucune raison. Et ça, peu de gens le comprennent, il faut le savoir. Comment garder la façade, en revanche, si les patients populaires ou au sourire solaire me mettent dans l’embarras en étalant au grand jour mes secrets ? La dernière fois encore, j’étais au centre de toutes les discussions parce que deux musiciens célèbres en ont fait une affaire personnelle. Ceux-là sont ceux qui me mettent des épines dans le pied ! Je vais devoir repenser toute ma tactique si je veux continuer à attaquer dans l’ombre. Enfin, je vous dis ça, mais je n’ai pas à me plaindre, le débat s’est vite dissipé. Les gens finissent par m’oublier vous savez, et se remettent à m’ignorer ou à me minimiser. Le plus important, c’est que tous mes autres patients continuent à mener une vie ordinaire, comme si de rien n’était. Ils vaquent à leurs occupations, ils sourient et personne ne voit rien, ce qui est un sacré avantage pour moi, je dois bien l’admettre. 

J : Donc, finalement, ce n’est pas si challenging ?

D : C’est pas faux. Tout compte fait, je dois dire que c’est même plutôt facile au jour le jour {rires}. Vous ne m’avez pas posé ma question préférée, mais je vais vous faire l’honneur d’y répondre malgré tout. Ce que je préfère dans mon travail, c’est m’immiscer dans les relations de mes patients, imprégner chaque cellule de leur corps, me lover dans leur vie quotidienne, me glisser dans leurs pensées, dans leurs doutes, dans leurs interrogations, dans leurs gestes. Je vous assure, ils m’ont dans la peau. Je suis sûre qu’ils ne sauraient pas quoi faire sans moi. Je vais même vous dire… ils sont tous un peu paumés et, pourtant, dans la misère et l’incertitude, je reste leur seul repère.

J : Je vois. C’est très… charitable, de votre part, d’offrir à vos patients un point d’ancrage, même si cela dépend du point de vue {rire gêné}. Êtes-vous donc permanente, passagère ou plutôt épisodique ?

D : Oh, vous savez, pour mes patients, je suis ce qu’ils veulent que je sois. Je peux être familière, comme une vieille amie que l’on retrouve après de longues années ; devenir auxiliaire, comme une rencontre spontanée dont la liaison n’était pas faite pour durer ; ou rester sédentaire, comme une moule accrochée à son rocher.

J : C’était une belle… comparaison.

D : Merci, je m’enorgueillis de ma capacité à m’adapter selon les opportunités qui se présentent à moi, enfin, en toutes circonstances je veux dire, bien sûr.

J : Je me permets de revenir sur le “qu’ils veulent que je sois”. Êtes-vous bien certaine que vous êtes désirée partout où vous allez ?

D : Je vous l’ai dit, pour la plupart de mes patients, je deviens un repère. Tous les caractères et tous les cas ne peuvent pas être comparés, certes, mais beaucoup se complaisent en ma présence, c’est un fait. Vous comprenez, je suis la seule chose qu’ils connaissent et dont ils soient sûrs. Alors, bon, peut-être qu’effectivement ils ne souhaitent pas que je sois là, mais ils pourraient essayer de me chasser et ils ne le font pas.

J : Vous leur laissez le choix ? Vous qui aimez les comparaisons, n’êtes-vous pas comme la Faucheuse… irrévocable ?

D : S’il vous plaît, ne mélangez pas tout. Je ne suis pas fatale. Mélancolique, perverse, infernale, nombreux sont les adjectifs pour me qualifier, mais fatale n’en fait pas partie.

J : Vous n’êtes pas fatale, hein ? Ne disiez-vous pas justement, au début, que des pensées macabres pouvaient survenir en votre présence ? Un peu plus tôt, n’avez-vous pas mentionné deux musiciens qui ont perdu la vie à cause de vous ? Si vous n’êtes pas fatale, comment expliquez-vous alors le nombre de suicides ? Ne pèsent-ils pas sur votre conscience ?

D : Je n’en ai pas, c’est plus simple ainsi.

J : Vous ne répondez pas à mes questions. Votre silence plaide donc coupable ?

D : Mon silence, leur silence, quelle est la différence ? Vous cherchez un responsable ? LE silence est coupable, point. 

J : Vous êtes difficile à suivre. D’une part, vous êtes fière de l’impact que vous avez sur vos patients, mais vous ne prenez aucune responsabilité sur les conséquences de vos actes. Ne seriez-vous pas aussi un peu hypocrite ?

D : *regard noir*

J : J’ai une dernière question et je vous laisse retourner à vos victimes… pardon, à vos très chers patients {rire sardonique}. Êtes-vous guérissable ? Si oui, par quel moyen : les médicaments ? la parole ? l’amour ?

D : Vous n’avez qu’à essayer les trois et revenir vers moi… rira bien qui rira le dernier.

 


 

J’espère que ce petit échange vous aura éclairé sur plusieurs points que je souhaitais mettre en lumière :
la dépression ne s’explique pas toujours : ça ne sert à rien de dire à quelqu’un qui en souffre qu’il ne devrait pas être déprimé, qu’il se fait des films, et j’en passe et des meilleurs. Dans bien des cas, la personne en dépression sait déjà qu’il est entouré, qu’il a un toit sur la tête, etc., mais la dépression n’a rien de rationnel et on se sent extrêmement seul à l’intérieur de nous-même avec nos ténèbres.
ne pas minimiser la dépression est important : déprimer et être sujet à dépression/être dépressif sont deux choses bien différentes. Ce n’est pas un interrupteur qu’on peut allumer/éteindre juste avec une après-midi au cinéma, une soirée autour d’un verre ou un brunch ensoleillé. Toutes ces choses peuvent aider, bien sûr, et il ne faut pas non plus minimiser l’impact des bons moments.
parler de dépression et de santé mentale/mental health est essentiel : que vous traversiez une dépression ou que vous connaissiez quelqu’un qui en traverse une, on devrait en parler ouvertement. On nous a habitué à avoir honte de ce que l’on est si l’on n’est pas dans la norme, on nous a appris à être pudiques sur ce que l’on ressent, on nous a appris à ne pas trop communiquer sur nos problèmes parce que le monde a des soucis considérablement plus urgents ou parce que la personne en face a autre chose à faire. Je pense que c’est une erreur. Je ne veux plus cacher cette partie de moi parce que je crois sincèrement que cela peut aider d’exprimer ou de confronter les expériences et surtout, de ne plus les démoniser. Tout le monde peut apporter quelque chose à autrui : du soutien moral quotidien, une oreille attentive régulière ou ne serait-ce qu’un emoji ou un gif de temps en temps.
la dépression et la personne qui en souffre peuvent être deux entités différentes et deux entités intrinsèques à la fois. C’est-à-dire que la dépression n’empêche pas nécessairement la personne de vivre sa vie normalement et de réfléchir par elle-même (avec des éclairs de lucidité, une conscience accrue de ce qu’il se passe et une poignée/multitude de bons moments partagés avec ses proches), mais la dépression reste au contrôle et aux manettes de son esprit sur la durée, ce qui peut mener à des troubles du comportement (taciturne, lunatique, susceptibilité, etc.). Cela peut devenir aussi difficile à vivre pour la personne qui est en dépression que pour les autres.

Bref, ce sont quelques uns des points que je souhaitais souligner. Je me doute que ce n’était peut-être pas ce que vous avez envie de lire. Vous ne voulez pas aller sur les blogs qui vous divertissent pour une fanfiction simpliste de Doctissimo, mais cela me tenait à cœur de partager cette autre partie de moi avec vous.

Je tiens à dire, également, en conclusion de cet article, que si vous vous reconnaissez dans ces mots, n’hésitez pas à chercher de l’aide, à en parler avec votre médecin, votre meilleur(e) ami(e), vos parents. Il y a encore plein de choses que je souhaiterais vous dire à ce sujet mais l’article est déjà assez long comme ça. Et, encore une fois, n’hésitez pas à partager d’autres symptômes ou d’autres détails que vous jugez importants à savoir sur la Dépression.

9 thoughts on “Entretien avec la Dépression

  1. Bien dit !
    J’ajouterais que les hormones ne sont pas toujours en reste dans la dépression : j’ai commencé à en souffrir après avoir été réglée, puis je suis tombée en dépression sévère suite à un traitement répété d’hormones.
    Comme causes de la dépression, on soupçonne l’hérédité ou encore l’ « éducation », c’est-à-dire avoir vécu auprès d’une personne dépressive pendant son enfance.
    L’angoisse peut également conduire à la dépression. Il arrive que des patients subissent des crises d’angoisse, avec impression de mort imminente, difficulté à respirer et spasmes.
    Enfin, tout le monde n’est pas toujours conscient d’être dépressif. Parfois, on le repère à des idées qui tournent en boucle, une logique biaisée…
    Personnellement, je parle assez bien de ce que j’ai vécu, puisque des expériences douloureuses ont été le déclencheur d’une dépression sévère mais je peine à dire que j’en souffre, car c’est très mal vu dans mon métier, car c’est associé à la fainéantise. (D’ailleurs, il n’y a qu’assez récemment que j’ai cessé de penser que j’étais fainéantise quand j’en peinais à faire mes corvées quotidiennes, un réflexe de jugement lié à l’éducation…).
    Enfin, j’aimerais tellement trouver le moyen d’endiguer cette maladie, qui revient comme quand on s’est trop cassé le poignet et que celui-ci se brise au moindre à-coups, à cause de sa fragilité. Tu as trouvé des astuces pour ta part ? Car remonter sans cesse la pente ressemble chaque fois à l’épreuve de Sisyphe…

  2. Tu as très bien abordé ce thème par ce texte plus original Justine. C’est même touchant. ça fait un peu de bien de constater de la compréhension quelque part. Je commence juste à en parler un peu sur mes réseaux sociaux (surtout instagram mais pas en story) mais j’ai toujours peur de gonfler les gens et de voir que tout le monde s’en fout. Car la solitude est effectivement extrême, tout comme l’auto dévalorisation. Mais avec les « proches » (les guillemets c’est parce que je sais plus vraiment ce que ça veut dire), je suis obligée de garder le silence ; c’est malsain et participe au cercle vicieux mais je sais aussi que parler rendrait les choses encore pires en connaissant leurs idées.

    J’ai écrit un texte très personnel sur la « mienne » sur mon blog mais à tel point que j’ai préféré y mettre un mot de passe afin de pouvoir contrôler qui y a accès ou pas ; toi je te fais confiance alors je te le passerai si tu veux. J’aurais pu te le dire dès début décembre d’ailleurs mais je n’osais pas parce que comme je te l’ai dit je sais que ce n’est pas facile de ton côté non plus, et comme tu l’expliques dans ton texte, il y a la culpabilité de « il y a pire que moi donc j’ai pas le droit de me plaindre ». Aussi parce qu’il comporte un trauma dont j’ai toujours peur qu’on ne me croit pas ou minimise car ça ne ferait qu’empirer ce que je ressens. J’aimerais bien en faire un qui soit moins intime et donc plus large afin d’avoir davantage de lectorat et donc de retours mais je ne sais pas trop comment, je verrai.

    J’ai beau aller au centre médico psycho depuis l’été 2016 et avoir décidé que la psychologue était désormais plus avisée que l’infirmière ce mois de septembre, j’ai plus l’impression que parler soit suffisant. J’ai repoussé un moment mais maintenant ça suffit j’ai pris un rdv chez mon médecin. Les conséquences sur ma santé physique ne s’arrangent pas.

    Et même si je suis d’accord que la déprime hivernale à laquelle beaucoup de monde fait face n’est pas comparable, je remarque quand même surtout depuis l’an passé que c’est plus marqué quand il fait froid et nuit chez moi même si ça ne signifie absolument pas qu’en été tout va bien car ce serait mentir. Par contre, même si j’ai souvent lu que les gens continuent de vivre comme si de rien n’était, chez moi c’est l’inverse : je suis bloquée. littéralement. partout. et je n’ai pas de solution.

    Je viens de m’acheter un bouquin d’occasion au sujet de la dépression et de l’anxiété, qui est un peu un témoignage de l’auteur qui les a vécues de manière forte à partir de 24 ans et raconte sa progression jusqu’à guérison, je viens à peine de le commencer. C’est Rester en vie écrit par Matt Haig si jamais ça t’intéresse. J’avais envie de lire quelque chose là dessus qui ne soit ni scientifique donc trop froid niveau émotionnel et difficilement compréhensible, ni du développement personnel qui en ne parlant que positivisme est culpabilisant à mes yeux. Je préfère les livres psycho qui apportent différentes explications même si on n’est pas d’accord sur tout car c’est à la fois neutre et validant nos ressentis donc plus facile de s’y reconnaître et de comprendre avec un peu plus de distance que l’autre moi qui nous blâme quasiment constamment, si tu comprends l’idée. Et j’avais pas envie d’un roman fiction non plus (par exemple Quand la nuit devient le jour de Sophie Jomain dont on a beaucoup parlé mais il y en a d’autres que je n’ai pas en tête là tout de suite) parce que crainte de trop me reconnaître en un personnage et que ça me fasse souffrir (parce qu’hypersensible de base, ça accentue forcément) et crainte aussi de stéréotypes et conseils ou morales.

    En tout cas moi je dis oui oui oui à ton idée d’écrire d’autres articles à ce sujet ! En plus avec la visibilité que tu as (même si tout est relatif) je pense que ça pourrait faire du bien à pas mal de personnes qui sont dans le silence que tu évoques et avec de la chance ouvrir un peu l’esprit à celles qui ont une idée biaisée de la dépression.

    Bisous jolie licorne londonienne :) <3

  3. Bonjour Justine,
    Ton article m’a bouleversé. Cette idée d’un entretien avec cette garce de dépression est bien pensée.
    Je n’ai jamais souffert de dépression mais ma maman si. Bien que je l’aime très fort j’ai parfois été dure avec elle « Je comprends pas, pourquoi t’es pas bien? Y’a bien une raison? »
    Et Non, il n’y en avait pas. Elle va bcp mieux mais cet article m’a permis d’ouvrir les yeux.
    À mal comprendre cette maladie on juge injustement les gens. Comme si tout ça était lié à un manque de motivation et de force mentale. Mais c’est faux.
    Merci encore pour cet article.
    Et je te souhaite de bousculer cette dame dépression toute ta vie afin qu’elle ne s’approche plus de toi (essaies le croche pied, ou une figure de karaté, plus radicale)
    Prends soin de toi.
    Mim’s

  4. Merci pour ce bel article, qui contient tout de même beaucoup d’humour dans le sujet traité.
    Au fil de cette interview, je voyais mon propre Détraqueur (ma manière à moi de nommer la dépression), prendre la parole et se composer ses propres réponses.
    Si maintenant je parviens à le tenir à l’écart avec mon patronus, il y a parfois des moments où il profite d’une brèche dans mes défenses pour venir inspirer mon essence vitale.

    Je trouve qu’écrire sur ce sujet est très important. Pas seulement pour exorciser, mais pour permettre à une foule toujours plus nombreuse ce qu’implique la dépression/un détraqueur. Cela peut être silencieux, discret et destructeur.
    J’en ai fait un article en septembre dernier pour en parler, surtout pour faire passer le message que tout le monde peut un jour être confronté à un détraqueur. Ce n’est pas forcément la fin des cacahuètes, il faut parfois beaucoup de temps pour parvenir à se reconstruire et à produire un patronus suffisamment puissant pour se protéger (et pour ça, c’est toujours bien d’avoir un bon professeur à ses côtés).

    J’ai bien apprécié que tu fasses la différence entre la dépression en tant que telle, et des épisodes dépressifs (maintenant il faut savoir d’un épisode dépressif peut avoir autant d’effets, si pas plus sur le quotidien que la dépression elle-même).

    Merci pour cet article qui pose joliment des mots sur une maladie/un état difficile à vivre.

  5. perte de motivation exacerbée : difficulté et réticence à sortir du lit, “déshumanisation” ou indifférence à l’idée de respecter les conventions sociales type “prendre sa douche”, aucun goût à rien (activités, passions, sorties, …), auto-dénigrement, incapacité à se projeter et à tirer le moindre aspect positif d’une situation pourtant pas si négative
    — détachement des sentiments, renfermement de la personne vis à vis des autres, un besoin illusoire mais insidieux d’être seul
    — mensonges à répétition (cela demande une certaine aptitude d’observateur, j’en conviens) : “je vais bien”, “je ne viens pas pour x raisons”, “ne t’inquiètes pas”, “je m’en occuperai plus tard”, etc.
    — auto-mutilation, auto-médication alors même que la personne n’est pas malade et autres dépendances à diverses substances
    — angoisses irrationnelles et pensées suicidaires

    Je me suis reconnu pas mal dans ces descriptions, surtout pour ce qui est des angoisses irrationnelles.
    J’ai dû faire un énorme travail sur moi pour en sortir et voir psychologues et psychiatres mais je vois enfin le bout du tunnel.
    Et je souhaite que toi aussi tu puisses t’en sortir si tu as ce genre de tracas dans la vie.

  6. Encore un article dans lequel je me suis reconnue.

    Je ne m’étalerai pas à ce sujet ici en revanche, donc une seule chose à te dire : j’ai beaucoup apprécié le punch de ton article, ton format et ta façon d’aborder ce sujet et je me suis surprise à rire au moment des « (rires) » :)
    Très bonne idée pour désamorcer ce sujet si délicat.

    Tu as un vrai don pour accrocher tes lecteurs :)

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