Anxiété, Lifestyle, Mental Health

Sensation de déranger | Quand l’anxiété déforme la réalité

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Illustration de Monica Garwood

« I’m a creep, I’m a weirdo
What the hell am I doing here?
I don’t belong here. »
Creep, Radiohead

S’il y a quelque chose que je redoute depuis l’adolescence, c’est de déranger. Déranger un professionnel sur son lieu de travail, même quand son boulot est spécifiquement de guider la clientèle, ou déranger mes amis, même quand l’amitié semble fondée sur un partage qui ne devrait ni reposer sur l’embarras ni représenter un quelconque inconvénient. Pourtant, j’ai toujours cette désagréable impression d’être de trop.

Pour tout vous dire, je crois que je suis une handicapée de l’amitié pour cette raison. Je ne crois pas avoir un mauvais fond — en tout cas, je fais de mon mieux pour ne pas être ou devenir une mauvaise personne —, mais j’ai tendance à me lier difficilement aux gens… et à le rester. J’ai la chance d’avoir quelques personnes dans ma vie qui, malgré mes périodes de retranchement et ma persévérance à forger des barrières en adamantium, restent patients et me soutiennent contre vents et marées. L’amitié est un sujet que je toucherai dans un prochain article, mais je tenais à faire un petit aparté pour mettre en contexte mon angoisse à être entourée. Je suis parfois incapable de me livrer, je suis parfois incapable de laisser les autres faire un pas vers moi et je suis surtout incapable de me sentir à l’aise en groupe.

Cette angoisse est moins importante lorsque je rencontre des gens ponctuellement ou lorsque je me lance dans une discussion succincte avec le boulanger du coin. Elle est présente, mais je me sens davantage en confiance lorsqu’il s’agit d’un échange courtois ou que je suis approchée par quelqu’un. Toutefois, je suis aussi de ceux qui n’oseront pas dire à un commerçant qu’il a fait une erreur de calcul. De la même façon, si je suis dans une situation où je dois demander de répéter ou de réessayer, je vais préférer me taire… pour ne pas déranger.

Je dirais que, dans la vie quotidienne, cette désagréable impression est tolérable. Elle est parfois peu accommodante, mais n’est pas pénible. Lorsqu’il s’agit de mon espace personnel, en revanche, cela en devient franchement ridicule mais aussi déchirant. Je pense afficher un air plutôt nonchalant dans la plupart des cas et j’ai envie de croire que personne ne l’avait remarqué auparavant (en voilà un secret qui ne l’est plus !), mais chaque fois que je dois me rendre à un anniversaire/un dîner/une sortie entre amis, j’ai presque envie de dire non. Même lorsque je suis invitée, mon cerveau interprète l’information comme une invitation de pitié (je sais, je sais, je réfléchis trop. Certes). En société, que ce soit en petit comité ou au sein d’un cercle plus étendu, je suis dans cette dynamique « d’imposer ma présence » et d’importuner. J’ai constamment peur de dire quelque chose qu’il ne faut pas — et croyez-moi, ça s’est vérifié par le passé — ou, tout simplement, de raconter des trucs qui n’intéressent strictement personne.

Après ma rupture, cette inquiétude s’est décuplée. Parce que mon esprit était souvent assiégé par de sombres pensées, je ne tenais pas particulièrement à les imposer aux potes, qui ne semblaient déjà pas saisir qu’un chagrin d’amour peut malheureusement durer longtemps. J’ai trouvé des gens avec qui me changer les idées, qui comblaient les conversations avec leurs propres doutes et leur grain de folie. Même si certains sujets demandaient que j’affiche parfois un visage qui n’est pas le mien, je faisais des efforts pour y croire et l’incarner. Ainsi, j’avais l’impression que cette nouvelle personne était plus fun, mieux accueillie.

On a beau porter un masque, on est vite rattrapé par ses angoisses. Et c’est alors que les soupçons reprennent : « pourquoi cette personne a envie de traîner avec moi ? », « que voit cette personne quand elle m’a devant les yeux ? » ou encore « peut-être que je lui plairai davantage ainsi, ou comme ça ? ». Je finis par conclure qu’en fait, les gens ne pourront pas m’apprécier et, alors, je m’isole. En tête-à-tête, je suis beaucoup plus rationnelle dans ma façon d’examiner la situation et je passe souvent de superbes moments. Dans ces circonstances, je ne doute (presque) plus des motifs de l’individu avec qui je me balade.

Si je parviens à faire ce raisonnement serein lorsque je suis en compagnie d’une personne, pourquoi ne puis-je pas faire ce cheminement de pensée dans les rencontres à plusieurs ? C’est une angoisse qui me dépasse. J’ai conscience que cela vient d’un manque de confiance en soi. Je sais également que je projette probablement mon angoisse aux autres qui, incontestablement, se sentent mal à l’aise avec moi. Aux U.S.A., par exemple, j’ai gâché environ 10 jours de mon séjour à croire dur comme fer que deux filles m’évitaient alors que, finalement, c’est moi qui les évitais parce que, justement, j’avais arbitrairement tranché au préalable que ma présence les dérangeait. Être lucide sur mon problème, pourtant, ne m’apporte pas la sérénité.

Pour tout vous dire, cette sensation me dévore aussi sur YouTube. Et oui, même si je suis au courant que les gens choisissent de leur plein gré de regarder une vidéo (à moins d’avoir un pistolet sur la tempe), une petite voix me rabâche que je vais faire perdre 20 minutes aux gens et, à chaque fois, je m’en veux. Ça n’a aucun sens, on est d’accord. Depuis un an et demi, je me tâte continuellement à tout simplement arrêter ma chaîne dans la mesure où je n’apporte rien de plus à l’univers YouTube, déjà vaste et diversifié. Sauf que, évidemment, la question n’est pas là. Tant que j’aime ce que je fais, le reste devrait être accessoire. Bien sûr, l’envie de faire plaisir est forte mais, en fin de compte, remettre ma présence sur YouTube en question parce que j’ai peur de déranger est complètement absurde.

Et puis, d’une certaine manière, cela me paraît tellement narcissique de sans cesse remettre en question ma présence ici et là, comme si cela changeait quelque chose à la vie de ceux qui m’entourent… en me persuadant d’être une gêne, je me donne de l’importance, alors que tout le monde s’en fout.  

J’aimerais cesser d’imaginer que les gens ont honte ou pitié de moi, comme ça a été le cas par le passé (ce qui n’a sûrement pas aidé dans la gestion de cette angoisse). J’ai récemment fait quelques soirées avec une copine qui est toujours bien entourée et complètement en phase avec les relations humaines, et je voudrais connaître cette sensation pétillante et pleine de chaleur d’un groupe d’amis dans lequel je me sentirai enfin complémentaire et non indésirable. De la même façon, j’espère calmer cette sensation à la fois amère et acide d’être de trop en toute circonstance.

Je commence à souffrir des barrières que je m’impose et qui me font rater beaucoup d’expériences et d’instants précieux. Je commence à souffrir de la solitude dans laquelle je me suis calfeutrée par peur de déranger. Et je commence à souffrir de ne jamais me sentir à ma place, peu importe la situation. Je veux commencer à vivre, et vivre intensément.

Suis-je la seule à déformer la réalité en donnant raison à des angoisses absurdes ? Si c’est un souci qui vous travaille aussi au quotidien, avec lequel vous luttez depuis longtemps, je serais ravie de savoir comment vous parvenez à relativiser. Avez-vous des astuces pour avoir l’air moins maladroit, pour vous sentir moins anxieux ou pour moins ressasser vos doutes et vos remises en question ? D’expérience, l’alcool permet de gommer les angoisses, mais je sais pertinemment qu’on ne peut tout bonnement pas compter dessus pour venir à notre secours. C’est peu pratique et surtout malsain.

Quelle que soit la solution, j’ai bon espoir qu’un jour, je n’ai plus cette désagréable impression d’être évitée, d’être embarrassante, de déranger. J’ai bon espoir qu’un jour, mes angoisses ne deviennent plus qu’un mauvais souvenir et que je puisse entretenir des relations humaines « normales » et rassurantes. Et si c’est l’un de vos souhaits le plus cher également, je suis de tout cœur avec vous et sachez que vous n’êtes pas un cas isolé.

Amitié, paillettes & arcs-en-ciel,
Justine 

24 thoughts on “Sensation de déranger | Quand l’anxiété déforme la réalité

  1. Je me suis reconnue dans ton texte.
    J’ai toujours eu cette sensation, depuis l’adolescence et même sans doute l’enfance.
    Il faut dire que j’ai connu le syndrome de l’enfant abandonné et que cela a brisé bien entendu quelque chose en moi.Le rejet d’un parent est l’un des pires sentiments relationnels que l’on puisse ressentir. Il a brisé ma confiance, mon aisance et mon envie d’aller vers les autres.
    J’ai toujours été un peu différente, à part. Je faisais toujours des choix non conventionnels, je n’étais pas populaire, j’étais ronde et moi je pense que forcément ça dérangeait. Que je ne pouvais pas intéresser les gens vu que mon monde était différent.
    Quand je suis arrivée en Fac, la roue a tourné et j’ai cru trouver un super groupe d’amis. Mais finalement, avec le recul, je sais que je me désinhibais avec l’alcool ou autres substances. Comme tu l’as dit, ce n’est pas la solution.
    Au fil des années, les groupes d’amis s’égrainent, les relations se défont et restent les vrais. Ils sont très peu nombreux et pourtant je n’arrive pas encore à me sentir 100% à l’aise avec eux. Je n’ai pas vraiment d’astuces, je suis en psychothérapie et on travaille un peu là dessus, au fond, tout ça est aussi un problème de confiance : confiance en soi, faire confiance aux autres. Quand on nous a souvent menti ou trahi, c’est plus difficile. Bref, c’est un long parcours, j’ai bientôt 35 ans et toujours des soucis à ce niveau là.

  2. Bonjour Justine,
    Que dire de cet article… Mis à part que j’aurais aimé ne pas autant m’identifier à ce que tu décris ( je me permets de te tutoyer j’espère que tu ne m’en voudras pas … ) La sensation de déranger. Chez moi c’est par vague. Il y a des fois ou j’arrive à occulter tout ça. Ou je suis de meilleure humeur et ou je  »combats » ce côté obscur de moi comme je me plaît à l’appeler. Alors non tu n’es pas la seule. Concernant les astuces j’ai constaté que je dois me forcer à sortir. Dans ces périodes là, sa relève presque du parcours du combattant pourtant le simple fait de sortir marcher dans la rue m’aide à me sentir mieux. Il y a ça et ensuite eh bien ça fait deux ans que je vais voir une psy. Je ne connais pas ton avis sur le sujet. Mais de mon côté je sais qu’elle m’aide beaucoup. Elle m’encourage à en parler autour de moi et me dis clairement quand elle pense que c’est mes angoisses qui reprennent le dessus. J’ai aussi une bonne amie. Qui est formidable. J’ai pas de mots assez fort pour décrire ce qu’elle fait pour moi. A chaque fois je peux lui en parler. Elle m’écoute. J’ai l’impression d’être une enfant mais elle m’écoute et me rassure. Parfois ses mots n’ont pas de résonance ( elle peut dire ça par pitié, pour me faire plaisir, ou peut-être que je la soûle à en parler) mais elle trouve toujours les mots qui ont un déclencheur chez moi. Elle est d’une franchise incroyable. Et si elle estime que tu envahis trop son espace elle le dit clairement. C’est aussi ce qui me rassure. Autre chose qui m’aide à me sentir mieux dans ces périodes d’angoisses intense c’est de prendre soin de moi : lire un bon livre, éteindre mon portable et prendre une heure rien que pour moi, aller marcher au bord de l’eau, me faire un masque etc … C’est des choses qui m’aide à me sentir mieux même si parfois j’avoue que j’ai pas envie. Et que c’est dur d’oser les faire. Je loupe aussi comme toi pas mal d’occasion, j’ai peur, je me recroqueville sur moi-même et c’est pas simple. C’est un peu comme si j’étais emprisonné dans de la gelé et que je n’arrivais pas à en sortir. Dans ces moments là, je fais au mieux. Je suis psychorigide, j’accepte assez rarement d’avoir des moments de faiblesses ou autres et ma psy m’a appris ( et est entrain de m’apprendre ) que d’abord pour aller mieux il faut savoir accepter. Quand je sens ces espèces de crise venir j’essaie de me dire : ok. Tu ressens ça d’accord. Pense pas à une quelconque justification ou au fait que tu vas avoir l’air nouille pour les autres. Tu ressens ça donc c’est là point barre. Maintenant qu’es que tu souhaites en faire ? Et généralement doucement mais surement j’arrive à m’en sortir. En bref, je pense que tu te sens suffisamment mal, ne te rajoute pas du poids sur tes épaules, tu aimes booktubes ? Alors continue. Ne porte pas un jugement si dur envers toi-même. ( d’autant que personnellement je te suis depuis plus deux ans il me semble et j’ai toujours aimé regarder tes vidéos) T’accabler ne t’aidera pas. Soit plus douce et bienveillante. Un petit pas par petit pas.
    Concernant les nouvelles expériences voilà mon conseils : pose le cerveau. Oui je sais facile à dire moins à faire hein ? Comprends moi bien. Les 3/4 du temps je suis terrorisée à l’idée de faire quelques choses de nouveau. Seulement voilà les regrets à 21 ans sa pue la mort. Alors quand on me propose quelques choses j’essaie de ne pas trop réfléchir. Je dis oui de suite. En m’évitant ainsi de penser. Par exemple. Une de mes meilleures amies habite sur Paris depuis plus de deux ans. Elle m’a proposé un nombre incalculable de fois d’aller la voir. J’ai toujours trouvé des excuses plus ou moins valable pour éviter le voyage. J’avais une trouille bleue. Puis finalement pendant les vacances de février je me suis lancé. Sans réfléchir. Je lui en ais parlé, elle a accepté, j’ai parlé à ma psy qui a validé l’idée et m’a poussé à le faire le plus vite possible (elle me connaît bien et savait que je pensais déjà à annuler) et en sortant d’un rdv avec elle j’ai pris les billets directement. Sans réfléchir. Comme ça plus le choix. Mais il y a quelques choses que je retiens de tout ça. Parce que c’est pas avec un voyage en mode YOLO a Paris que je vais changer ma facette de flippette. Non. J’ai encore une trouille bleue. Simplement j’ai conscience que ça me pourrie la vie. Alors petit pas par petit pas j’essaie d’apporter des petites touches de changements qui parfois prennent parfois non mais j’essaie.
    Voilà, mon petit témoignage et ce que je peux te dire. Courage ne baisse pas les bras, toi non plus tu n’es pas seule. Tu peux y arriver. Mais il faut de la bienveillance envers toi-même.
    Bon courage,
    Angélique

  3. Tu n’es pas la seule à vivre avec ces angoisses, j’espère que ça te rassure. En tout cas ça me fait du bien de voir quelqu’un qui sait mettre les bons mots sur ce que je vis depuis toujours ! Bon courage à toi

  4. Je le vis constamment, et pire en ce moment où je ne me sens plus du tout à ma place (ni dans ma famille, et je doute sur mon orientation professionnelle). J’ai besoin d’une main tendue mais j’ai peur de déranger, qu’on finisse par me rejeter parce que je serai plus un boulet qu’autre chose. Je me pose les mêmes questions… seule depuis de nombreuses années je me dis que je l’ai forcément mérité, je ne suis pas assez bien, assez belle ou intéressante, du coup c’est normal que je sois seule. J’ai peur que mes amis finissent par m’abandonner parce que je n’avance pas dans la vie ou parce que je déprime. Alors moi aussi je m’isole. J’ai peu d’amis en vrai, heureusement avec les copines blogueuses je pense avoir ma place. Mais j’ai toujours un doute…
    Je ne sais pas trop d’où ça vient, sans doute que depuis quelques années je fais du surplace et je ne sais plus comment faire. Je me sens aussi enchainée, j’ai besoin d’être entourée mais je ne sais pas vers qui me tourner, justement, pour ne pas en faire trop. C’est un cercle vicieux et malheureusement je n’ai pas d’astuces réelles à te proposer.
    Pour passer outre, je me plonger alors dans un bon livre qui me fera oublier ma réalité, mais ça n’est qu’illusion.
    Je te soutiens de tout coeur, en tout cas.

  5. Lovely Justine…
    Je ne savais pas que tu ressentais cela, tu as l’air tellement pétillante dans tes vidéos et quand je t’ai rencontré l’année dernière. Je n’ai malheureusement pas de ‘how to’ à te proposer, mais sache que tu ne dérangeras jamais ta communauté. Les gens choisissent de te suivre, donc pourquoi les dérangerais-tu? ;)
    Je t’envoie plein de coeurs et de paillettes!

    1. Dear Estelle,

      Oui… je ne crois pas avoir nécessairement envie de casser l’image que les gens ont de moi, mais c’est vrai que c’est difficile de s’entendre dire ce genre de choses à chaque fois en se disant qu’on est une fraude, derrière, haha. Je filme dans mes bons jours et, effectivement, je peux être la personne pétillante et fofolle des vidéos. Mais je suis aussi la fille solitaire et vulnérable et renfermée que peu de gens voient et ça me fait du bien de partager sur des sujets qui peuvent concerner d’autres personnes :)
      Merci du fond du cœur pour ton commentaire, ça m’a beaucoup touché !
      Bises baveuses x

  6. Coucou !
    On ne se connaît pas du tout, c’est la première fois que je tombe sur ton blog, et j’ai vu ton article partagé sur twitter. Je tenais à te dire que tu n’étais pas seule. On est nombreux/se, même si on reste grandement incompris(e) aux yeux du plus grand nombre…
    Je ressens toutes ces choses que tu décrites (même sans chaîne youtube :P), que ce soit professionnellement, amicalement, sentimentalement, etc. J’ai sans cesse l’impression qu’on ne veut pas de moi à une sortie, que je gonfle mes collègues, que me confier à mes amis les énerve, que rappeler quelqu’un que je n’ai pas réussi à joindre une première fois est déplacée, et j’en passe.
    J’espère que tu trouveras la sérénité à l’avenir dans ta vie quotidienne et avec tes proches ♥

    1. Hello Alice,

      Je te remercie infiniment pour ton commentaire :)
      Haha oui…
      Merci d’avoir partagé tes propres appréhensions et doutes, ça me va droit au cœur.
      Je te le souhaite également <3

  7. je suis comme toi .Je suis mal à l’aise avec les autres je n’ai pas vraiment d’amies très peu et je suis souvent mal à droite .Je préfèree concentrer sur mes etudes par correspondance et lire et écrire .Parfois j’ai même peur de sortir dehors et pire je fais des grosse crise d’anxiété en étant dans les transports et dehors …Mais cela se soigne se guérissent et aussi ont peut t’aider genre les psy et autre c’est un handicap sérieux courage .Moi je le fais et cela m’aide mais c’est fatiguant .Et tu n’es pas inutile grâce a toi j ai appris à écrire une nouvelle et ouvrir mon site que j’en rêvais depuis des années donc tu ne sers pas à rien sur youtube .bien du courage à toi ma belle Marie

    1. Hello Marie,

      Je te remercie infiniment d’avoir partagé ton ressenti avec moi. Et je suis ravie d’apprendre que tu aies trouvé le courage d’ouvrir ton site et aussi d’avoir écrit une nouvelle, félicitations !
      Bon courage et je te souhaite le meilleur pour la suite !

  8. Je comprends ce sentiment, je l’ai longtemps éprouvé et je l’éprouve encore parfois. J’espère que ça s’améliora pour toi, je pense que la prise de confiance t’aidera je pense. Je ne sais ce qui m’a fais moins angoissé. Mais je comprends tellement ton sentiment, quand parfois je me dis non je vais pas envoyer un message à mes amis les plus proches, par peur de les déranger, je me dis quand même c’est pas possible. C’est un travail à faire constamment. Mais je suis sure que ça s’ameliora pour toi. Force à toi, il faut aussi à garder en tête que si notre présence est souhaité c’est qu’on compte, il ne faut pas en douter.

    1. Hello Lucille,

      Merci beaucoup pour ton commentaire.
      Oui, la prise de confiance sera probablement le levier pour faire tourner cette roue… et j’espère que ça arrivera vite haha.
      Je vais faire de mon mieux, et je te souhaite également de continuer sereinement à faire ce travail :)

  9. Merci Justine, merci beaucoup. Tu as mis les mots sur mes angoisses, celles que j’essaie d’expliquer à mes amies. J’ai pleuré à la lecture de ton article, mais ça m’a fait du bien. J’ai pu relâcher toute la pression et une partie de mes peurs ce soir.
    J’ai peur de déranger et ma phobie prend de multiples formes, que se soit comme toi, par ce que j’ai l’impression d’être de trop ou parce que je m’imagine un handicap plus fou (je dégagerais une odeur nauséabonde qui ferait fuir mes amis (et pourtant ils sont toujours là)). Bref, ça me rassure de ne pas être seule, je te souhaite beaucoup de courage et de continuer à faire ce que tu aimes, car il n’y a que comme ça qu’on avancera dans la vie.

  10. Presque tout ce que tu décris me correspond. Moi aussi je souffre de ne pas me sentir à ma place ou mm différente des autres. J’en ai beaucoup pleuré, gamine mon tout premier jour d’école les premiers contacts sociaux se sont bien passés et puis patatras, dans les jours qui suivirent tous le monde me rejettaient, se moquaient de moi, ce que les enfants peuvent être cruels entre eux. Ces premières expériences sociales m’ont traumatisées à vie et pendant longtemps j’avais l’impression d’être seule contre tous, j’étais faible, les autres enfants en profitait. Pendant longtemps les autres m’ont fait du mal et je me suis forgée une solide armure autour de moi, je fuyais les gens, toute personne étant une potentielle menace pour moi. Je me suis énormément repliée sur moi-mm mes proches ne me comprenant pas (ce qui n’a fait qu’ empirer mon mal-être, eux aussi me voyait comme quelqun de faible et ne savait pas quoi faire pour moi/de moi, il m’accusait de mon état et ne faisait rien pour m’aider). Et puis j’ai fait une dépression lié à mon état mais aussi à cause de pb familiaux qui m’ont bcp atteint, étant une personne hypersensible (j’étais sous anxiolytiques car je faisait des insomnies chroniques). Et puis j’ai réussie à sortir la tête de l’eau tte seule, j’appelle ça ma « renaissance ». J’ai appris à m’affirmer un peu plus, à hausser la voix pour être enfin entendue un peu plus de la part de mes proches qui me dévalorisaient. J’ai acquis un petit peu plus de confiance en moi, mm si elle fluctue beaucoup et des fois je me retrouve au point de départ. Mais ce pb relationnel est resté, je me méfie énormément des gens, au fond on peu dire que j’ai peur des gens et encore aujourd’hui quand je me sens attaqué verbalement (que ce soit réel ou dans ma tête) je me retranche sur moi mm comme une huître afin que personne ne puisse m’atteindre. Au quotidien j’ai mon armure qui me dit tu t’en fou des autres, je me retranche dans mon monde personne ne peut m’atteindre lol. Bref moi aussi je fuis les groupes de gens, parce que j’ai peur d’être rejetée, de ne pas trouver ma place, parfois je sais aussi que c’est moi inconsciemment qui me mets en retrait car pour moi toute rencontre est un risque de souffrir. Je n’ai pas trouvée de remède contre ça, en plus j’ai tendance à begayer ça ne m’aide pas à m’affirmer dans un groupe, mais je me fais violence je fait des sorties de groupe. De l’exterieur les gens me voient comme quelqun de coincée, de froide, ça me rends triste mais à l’intérieur de moi je sais qui je suis et c’est ce qui compte. Moi aussi je vois une psy de temps en temps car je fais des crises de panique. Tout ce gros pavé pour te dire que tu n’est pas seule !!! Pour moi le seul remède c’est l’exercice pratique, plus tu sortiras au sein d’un groupe plus tu comprendras la dynamique de groupe plus tu t’exerceras moins tu auras peur, car tu te sentiras plus en terrain connu et tu auras plus confiance en toi ;).
    PS : Soyer indulgent pour toutes les fautes d’orthographes. Merci de m’avoir lue ;).

    1. Bonsoir Lilie,

      Merci du fond du cœur d’avoir partagé cette partie de toi, j’en suis extrêmement touchée et cela raisonne tellement en moi que je voudrais pouvoir te faire un câlin, haha.
      Je présume que tu as raison, tout est une question d’apprentissage, d’habitude et de pratique. Je vais faire de mon mieux :)

  11. NE PAS DERANGER
    C’était mon motto. Avec du recul, c’était débile, et gênant. J’en arrivais à me faire oublier, me perdre car je n’osais pas déranger quelqu’un pour demander mon chemin.

    Quelques tips qui m’ont aidée à changer cette dynamique :
    1/Si on t’interpelle pour demander de l’aide, ça te fera plaisir de répondre. En fait la plupart des gens sont comme toi..donc en les dérangeant, tu leur fais plaisir
    2/Tu ne vaux ni plus, ni moins qu’un autre. Le concept de déranger est finalement assez relatif : qui est le plus dérangé de toi ou de l’autre?
    3/Accorde toi la faveur d’être égoïste, de penser à tes propres intérêts. Tu as envie d’aborder un sujet de conversation ? Fais le si ca TE fait plaisir, on se fout que ça fasse plaisir à l’autre ou pas. Si l’autre n’aime pas ce sujet, il changera. Dans la pratique, j’ai remarqué que beaucoup de gens sont très ouverts aux conversations qui sortent du « small talk ». Et c’est très agréable d’entendre quelqu’un parler de ses passions/convictions.

    Rassure toi, rien n’est jamais définitif…et un jour tu te libéreras…

    1. Hello Alice,

      Oui… alors je crois que tout le problème est bien dans le « tu ne vaux ni plus, ni moins qu’un autre » parce que malheureusement, mon cerveau a bel et bien tendance à me dire que je vaux moins que tout le monde.
      Mais j’y travaille, j’y travaille. J’ai pertinemment conscience que c’est complètement irrationnel comme façon de penser, c’est juste difficile de faire taire cette voix.

      Merci beaucoup pour ton commentaire en tout cas, je prends note de tous ces tips !

  12. Salut Justine,
    J’ai beaucoup aimé ton article et je me suis pas mal retrouvée dedans.
    Je ne suis pas une experte, et j’ai toujours ces comportement que j’appelle (surement à mauvais titre » d’associale » mais a plus ou moins de degré. Ce qui m’a aidé à accepter cet aspect de ma personnalité et de mon comportement : c’est que j’ai lu beaucoup sur l’introversion et l’hypersensibilité. Je me suis reconnue dans un type de personnalité j’ai vu les conférences et lu les livres de Susan Cain (qui a écrit notamment « Quiet: The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking ») et du coup j’ai énormément relativisé. Je me suis dis ok le monde actuel est pro extraverti, dynamisme etc. mais le monde social tel qu’il est n’est pas parfait. C’est pas moi qui suis à blamer. Ma façon d’être a aussi des qualités et sans les uns et les autres il n’y a pas d’évolution. Du coup je me suis sentie faisant partie d’une communauté : je ne suis pas la seule asociale/introvertie du monde, il y en a qui réussisse très bien dans la vie, et du coup bah quand je suis dans une salle que je ne parle pas aux gens, je ne le vis plus comme « un défaut » mais je l’accepte comme une façon d’être, et ça fait du bien de pas culpabilisé de ce que l’on est non ? Du coup jte conseillerai de lire voir sur l’introversion etc. moi ca m’a fait du bien.

    Après l’acception j’ai remarqué que des jours c’était quand meme plus facile que d’autres… pourquoi ? comment ? j’ai constaté que quand j’étais de base de bonne humeur, c’était plus facile. J’ai également appris à reconnaitre mais « phases : moment de recharge avec moi-même » que j’exploite à fond genre un weekend coupée du monde à fond a fond dans mes séries/livres etc. puis bah le retour à la vie avec du monde devient beaucoup plus facile. Il faut prendre conscience que oui on a besoin de recharger ses batteries car la socialisation ça épuise les gens comme nous et le moyen de se recharger c’est de s’isoler (mais pas trop !) il faut apprendre à reconnaitre les phase de recharge plate et recharge pleine pour bien équilibrer les choses.

    Ensuite le second truc qui marche sur moi c’est que dès le matin je vais m’autoconvaincre « aujourd’hui tu parles ouvertement, aujourd’hui tu seras super souriante » etc. et quand je m’automotive comme ça bah je le fais beaucoup plus naturellement.

    Bref je pourrais encore parler de ça des pages et des pages mais je ne vais pas t’écrire un roman, j’espère que mes conseils pourront un peu t’aider.

    Si tu veux plus en parler n’hésite pas ;)
    Je te dirai donc tout simplement d’essayer de t’accepter toi comme tu es de manière factuelle (sans jugement de valeur genre « je suis trop mal à laise » non, plutot « je ne suis pas à l’aise en situation sociale » = fait. « Je sais écouter les gens » = fait …. et pour cela il faut donc apprendre à se connaitre ;)

    1. Hello :)
      Je te remercie infiniment pour ton commentaire. Je te suis très reconnaissante pour ton partage. Je note pour le livre, je crois d’ailleurs que je l’avais déjà vu passer.
      S’accepter tel que l’on est, c’est effectivement la base solide de tout une vie plus sereine. Mais si c’était aussi facile à dire qu’à faire, alors cela ferait longtemps que je sauterais au plafond, haha.

  13. Je viens de decouvrir ton blog, et cet article me correspond tellement.

    Les relations sont devenu tellement difficile au point ou meme quand mon amie d’enfance me propose de l’aide ou simplement d’etre là quand elle sait que je ne vais pas bien je refuse par politesse. Tu connais ce truc qu’on a appris quand on etait enfant, si ceux qui t’invite chez eux te propose à boire ou à manger tu dit non merci meme si tu meurs de soif (ou alors c’est que dans ma famille ) j’ai la sensation de faire la même chose avec mes amis, j’ai tellement peur de les déranger que j’attends qu’ils viennent me voir, et quand ils le font j’ai la sensation qu’ils le font car ils n’ont pas d’autre choix.
    Malheureusement à force on perd le peu de personne qui ont su tenir pendant ses 25 longues années, ils ne peuvent pas nous comprendre. J’ai réussi a en parler avec certaine personne, et on en vient à même laisser faire quand quelque chose nous heurte , même si ce quelque chose c’est une personne qu’on aime. Mais ne rien lui dire ne fait qu’agrandir notre ressentiment.
    Et on m’a dit un truc magique ce jour là:  » quand quelqu’un te dit que ce que tu as fait n’est pas bien, tu ne lui en veut pas, ça arrive de recevoir des critiques. Donc tu peux toi aussi dire ce que tu ressent » bon je ne le fait toujours pas mais la remarque était bonne.
    Ce que j’essaye de faire c’est de commencer avec les inconnus, rendre un plat que tu n’as pas aimé par exemple. On m’y a obliger il y a peu , ça a été affreux et pourtant je suis bien contente d’avoir oser me plaindre.

    Un tres bon livre c’est  » je n’ai plus peur du jugement des autres » dans chaque chapitre il y a des exercices à faire, la mise en pratique est parfois laborieuse mais ca aide beaucoup.

    Je ne connais pas ta chaine youtube encore ( ca ne saurai tarder) mais n’arrete pas, tu le fait pour toi. Si les gens regardent c’est bien sinon tampis. Et si ils regardent c’est qu’ils le veulent bien.
    Ca peut même t’être très bénefique sur le long terme.

    Courage, on a encore beaucoup de chose à apprendre :D

  14. Wow. J’ai eu l’impression que cet article parlait de moi. En effet, je partage totalement cette peur de déranger. C’est quelque chose qui a tendance à énerver mes proches, quand par exemple je n’ose pas aller dire à quelqu’un qu’il n’a pas compté la réduction sur un produit et que du coup je paye plein pot. Ils me disent que j’ai tout a gagner en allant en parler à la personne qui a fait l’erreur, mais au fond de moi je me sens tellement mal à l’aise que je préfère payer le prix sans la réduction plutôt que d’aller « embêter » la personne avec son erreur. C’est plus fort que moi, ça me fait peur.
    C’est ridicule au fond mais c’est comme ça.

    Sache juste que tu n’es pas toute seule ;)
    Après il y a des remèdes à ça : par exemple la sophrologie. J’ai récemment commencé, et j’espère que ça va m’aider à combattre mes angoisses et anxiétés. :)
    Je te souhaite énormément de bonnes choses, et merci pour cet article <3
    Lola.

  15. Pas facile d’être une introvertie et je sais de quoi je parle. As-tu lu « La force des discrets » de Susan Cain? C’est intéressant de lire sur nos tempéraments et pourquoi il est difficile d’évoluer dans un environnement qui a été modelé pour les extravertis. Sinon, pour arrêter de me limiter, ce qui m’a aidée personnellement c’est d’abord la lecture (j’en parle ici, je l’ai posté après t’avoir lue : http://www.hackesdeconscience.com/arreter-de-se-limiter/). Ensuite et sans aucun doute, la méditation http://www.hackesdeconscience.com/7-raisons-pour-mediter/. C’est un travail à faire tous les jours mais le chemin en vaut la peine.

  16. Hello,
    Un commentaire un peu tardif mais en lisant ton article je me suis rappelé la fois ou une copine m’a dit « pourquoi à chaque fois que j’arrive on dirait que t’es crispée? ». Honnêtement, je ne sais plus quels mot elle avait utilisé mais pour dire que je me demandais à chaque moi comment les gens me percevaient. Depuis, pas mal de temps s’est écoulé et je porte moins d’importance. je suis toujours timide mais c’est un tout autre problème. En tout cas ça ma fait rire quand tu dit que tes vidéos nous font perdre du temps. Là t’as pas à te sentir coupable. Perdre du temps c’est quelque chose qu’on ferait avec tes vidéos ou autre chose. et puis Il y cette citation que j’aime particulièrement: « Le temps qu’on aime perdre n’est pas du temps perdu. » – Marthe Troly-Curtin. Et en regardant tes vidéos et tous les autres choses que j’aime regarder, c’est du temps que j’aime perdre.

    Merci d’avoir partagé tes sentiments, c’est courageux.

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